jeudi 10 juin 2010


PLASTIQUE, l'histoire

"Où es-tu loup? Je te cherche mais je ne te trouve pas. Tu me trouveras, dis? Je t'ouvrirai la porte, moi. Je ne te chasserai pas. Et tu auras même le droit de me manger, si c'est ce que tu veux."

Henri rêve d'être un poète, marginal et libre. Au lieu de ça, il est comptable, il n'a pas d'ami et mène une vie insignifiante. Pourtant, ce jour-là, un mystérieux homme lui propose d'exaucer son voeu, et de lui donner l'opportunité de réaliser son rêve: écrire un grand et beau livre... Il se retrouve dans un endroit singulier, une pièce sans porte ni fenêtre, une machine à écrire est là. Sans perdre une minute, Henri va commencer à mettre en scène les moments de vie qu'il aurait aimé vivre. Jusqu'à l'arrivée inattendue d'une poupée à moitié humaine, entre le vivant et le factice, la réalité et le rêve, qui se plaint, râle et ronchonne. Une jeune fille qui ne connaît rien, ne comprend rien et qui se vante d'être un mensonge. Il va alors prendre en charge son éducation et l'humaniser, jusqu'à faire d'elle un début de femme qui apprend à rire, à pleurer, à crier, à danser, à aimer.









PLASTIQUE, notes d'intentions

"Mensonge.
Les gens entendent toujours le mens. Mais n'écoutent jamais le songe."


Le mot du metteur en scène

Les adultes sont des enfants périmés. C'est comme ça que j'ai ressenti ce texte à la première lecture. Je le trouve très représentatif de notre génération: un assemblage de doutes, d'angoisses, de désillusions mais aussi de fantasmes et d'utopies légitimés par nos jeunes âges. J'ai eu envie de défendre ce texte parce que je retrouvais, entre les lignes de Mélissa Prat, un gosse apeuré que j'ai eu envie de protéger, de créer, d'affirmer. Plastique, pour moi, ressemble à une fable qui met en scène un homme tiraillé entre ses rêves de grandeur et sa peur de l'échec: paradoxe inquiétant et néanmoins nécessaire dans notre métier. Je crois que l'auteur a pointé du doigt l'essence même de ce que nous aspirons tous à être, et c'est autour de cette question fondamentale que nous nous sommes regroupés, à savoir: comment naît un artiste?


Paul Pinceloup


Le mot de l'auteur


Plastique, c'est être à l'épreuve du vivant.


Les poupées vont avec les loups. Pas avec les hommes. Car ici, les hommes sont des trouillards, des frileux et des salauds. Les loups meurent parfois. Et les poupées ont le visage qui sent bon le sel des larmes salés. Les livres n'ont pas besoin de feuilles pour être écrits et vécus. Maintenant, il faut tout vivre vite et fort. Mais quand la grosse pluie tombe, ce sont les loups qui hurlent puisqu'ils ont peur du silence, et les coeurs qui commencent à transpirer et à sentir l'acide. Certains disent que c'est chiant d'être heureux, d'autres qu'il faut tout aimer avec beaucoup d'amour. Il y a aussi les grands miroirs qui disent la vérité, l'eau qui sort toute seule des trous et les rouge à lèvres qui dégoulinent du plafond. Et puis finalement, quand on y réfléchit, la seule chose qui est sûre c'est que le plastique, ça ne se mange pas.


Mélissa Prat






PLASTIQUE, dramaturgie du spectacle

"L'amour, c'est deux personnes qui se rencontrent, se plaisent, s'emboîtent et se tuent."

Création musicale

L'univers sonore de la pièce est intégralement composé par Mikaël Manansala, ingénieur du son, pianiste, et créateur musical du collectif l'Attrape Rêve. Il est épaulé par Guillaume Geoffroy, comédien et interprète de l'homme, qui joue de la guitare et chante à plusieurs reprises tout au long du spectacle. Les influences musicales sont très variées – électronica, IDM, ou encore rock alternatif... La création musicale prend une place majeure dans la construction de ce projet artistique, car elle accompagne les comédiens tout au long de l'histoire.


Réalisation vidéoprojection

La vidéoprojection fait partie intégrante de la pièce de théâtre. Le spectacle commence d'ailleurs avec une vidéo projetée du personnage principal, Henri, qui dénonce ses erreurs, ses frustrations et son incapacité à être heureux. Au fil des événements, la vidéoprojection intervient pour modifier l'ambiance scénographique.Pour le final de la pièce, une vidéo accompagne l'ultime chanson de Guillaume Geoffroy, et propose un résumé condensé de l'histoire en dévoilant la chute du spectacle, surprenante et inattendue.


Dramaturgie

Henri, personnage central, représente un état d'âme récurrent dans notre société occidentale. C'est l'incapacité à se sentir heureux malgré une vie d'apparence confortable et installée. Insatisfait et profondément frustré, Henri ne supporte plus la tranquillité de son quotidien, et rêve de péripéties, d'insécurité, et de danger. Plastique dénonce une liberté inaccessible, l'ambiguïté du rapport humain, et la peur d'être en vie – peut-être encore plus forte que celle de mourir... Lola, elle, peut être interprétée comme le penchant schyzophrène d'Henri, son côté insatiable et effrayée. Personnages phobiques et solitaires, ce couple de malheureux ont la possibilité d'accéder, en s'unissant, au bonheur. Plastique est un texte théâtral qui raconte une profonde envie de vivre et nous suggère la nécessité de prendre la mesure de notre propre bonheur avant que cela ne nous soit impossible.








PLASTIQUE, l'équipe

Mise en scène: Paul PINCELOUP

Texte: Mélissa PRAT

Avec: Valentin PAPOUDOF, Mélissa PRAT et Guillaume GEOFFROY

Création musicale : Mikaël MANANSALA

Création costumes : Marion FORTINI

Création lumières: Camille DARIER

Création vidéos : Paul PINCELOUP

Création maquillages : Mylène VIRIEU

Production : Collectif L'ATTRAPE RÊVE



la Manufacture des Abbesses
du 22 AOÛT au 13 OCTOBRE 2010.



1 commentaire:

  1. Enfin vendue! Ressortie du placard où j'avais peur qu'elle y reste. Trop avant-gardiste?
    Notre Henry et sa petite pépée ont trouvé un théâtre preneur! Et ce sur une bonne grosse période! Youpi!

    Je regrette de ne pas voir cette nouvelle version!

    Tout mes voeux de... "condoléances". ;)
    Fabiola

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